«
L’on ne peut faire taire le jour qui se lève,
La course du Soleil se veut inarrêtable;
Il faut être patient jusqu’à ce que s’achève
Cette lumière faite sur l’incontestable;
Les yeux ont beau fermer leurs paupières trop fines,
L’œil, derrière, s’abîme à vouloir faire mine
De ne pas voir les choses trop insupportables.
Mais quand la nuit est faite les yeux se réouvrent;
Ils ne voient plus les choses comme elles demeurent;
Les maux sont des miroirs que la pénombre éprouve
Et les idées voient venir leurs plus belles heures;
Tout doit être pensé sans que l’on ne l’éclaire,
Les songes sont des fleurs qui poussent sans lumière,
Les rayons de soleil sont trop souvent des leurres…
On dit que le regret est la pire des choses,
Qu’il serait impensable d’en avoir enfin,
Qu’il faut vivre sa vie sans que rien ne s’oppose
Au plaisir de l’envie, aux désirs trop soudains…
Moi je dis qu’un regret permet les plus beaux rêves,
L’imagination stoppe le jour qui se lève
Et prolonge la nuit où j’ai tenu sa main.