«
Quand l’ombre de ta main sur ma nuque raidie
Pèse encore plus lourd que les joies effacées,
Et que l’air qui m’entoure au soir quand vient la nuit
Se voit toujours emplit de ton parfum passé;
Quand ta robe en lambeaux traîne sur ton passage
Et racle lentement la trace de mes pas;
Quand la faux que tu tiens, guillotine sans âge,
Rythme tes mouvements juste derrière moi;
Je désespère, souffre et blêmis de ces songes;
Je tressaille, je tremble et gémis chaque fois;
Tu m’accables, vois-tu! ta présence me ronge
Et quand je me retourne je ne vois que toi.
Tu m’ôtes le plaisir d’avancer dès l’aurore,
Tu m’enchaînes un boulet que je ne peux tirer;
Prisonnier innocent que tu condamnes, encore;
Je ne demande rien qu’un peu de liberté!
Mais tu demeures sourde, aveugle et toujours lâche;
Tu restes là, derrière, au-dessus, dans ma tête;
Je hais te retrouver lorsque je me relâche,
Va-t’en! laisse-moi seul loin de ta silhouette!
Je veux aller au vent sous ma volonté seule,
Sans que tes pas ne soient présents à mes côtés;
Je ne veux plus de toi, va voir ce qui te veulent!
Je n’aurai pas besoin de toi pour me porter.
C’en est assez! plus rien! je refuse à présent!
Tu ne détruiras plus ce cœur-là qui m’anime!
Si tu le veux, prends-le, ici, dès maintenant,
Sinon relâche-moi, montre-toi magnanime!
Tu demeures en tout point seule décisionnaire
De l’étendue qui reste et s’étend devant moi,
Mais je suis désormais mon propre partenaire
Et je me veux stoïque aux appels de ta voix.
Pour la dernière fois j’avance sans réponse;
Je me fous des questions qui m’ont tant fait pleurer.
Pour la première fois l’angelus qui s’annonce
Ne viendra pas surprendre ce cœur apeuré.