«
Que vois-tu, douce enfant qui regardes dans l’eau ?
Quelque plante immergée ? quelque poisson qui nage ?
Ou vois-tu le regard que porte ton jeune âge
Sur une sœur jumelle au-dessus d’un ruisseau ?
Vient-il à ton esprit le doute terrifiant
D’être coincée dans l’onde et sous ce froid miroir ?
Songes-tu que la nuit, lorsque le ciel est noir,
Tu n’es plus qu’un esprit invisible et fuyant ?
Voudrais-tu retrouver une forme tangible
En oubliant ces yeux qui te fixent sans cesse ?
Naïade, voudrais-tu redevenir déesse ?
Penses-tu que la vie demeure inaccessible ?
Pleures-tu ? Pauvre enfant, l’on ne voit pas tes pleurs !
Le ruisseau les emporte en te laissant les peurs !