«
Adieu donc pour longtemps mes beaux géraniums-rose,
Mes sveltes fuchsias aux grappes de corail :
Adieu, de pleurs glacés l'automne vous arrose :
Frissonnantes brebis, rentrez dans le bercail !
Là, tandis qu'au dehors l'hiver sombre et morose
Avec le ciel en deuil renouvelle son bail,
Dans le cristal nacré de la vitre bien close
Mirez-vous à l'envi, reines de ce sérail !
Baignez-vous dans des flots de vapeurs odorantes !
Aspirez à longs traits les senteurs enivrantes
Qui dans l'air attiédi circulent à plein bord,
Sans songer que là-bas dans l'humide parterre
De moins heureuses sœurs inclinent vers la terre
Leur calice effeuillé par l'âpre vent du nord !...