«
« Sous les platanes » de Vevey
Où la causerie est si douce
L'autre matin je retrouvai
Votre Joanne sur la mousse.
La page était marquée au coin
Pour le prochain itinéraire,
Le regard sans aller bien loin
Rencontrait un nom sur l'horaire ;
C'était la ville aux ponts hardis,
Sans appui jetés sur l'abîme,
La ville aux échos engourdis
Que l'orgue éveille avec son hymne ;
La ville au pieux pavillon
Où Monsieur de Mun nous chapitre,
Où Bourdaloue et Massillon
Se sont fondus sous une mître.
Tout cela n'est pas si banal
En notre siècle réaliste ;
Pourquoi mon doux nid féodal
N'a-t-il pas attiré l'artiste ?
Pourquoi fallait-il, ô Vevey,
Noyer dans ton lac diaphane
Ce vif plaisir que je rêvai
Sous l'orme... et non sous le platane !
Le plaisir de serrer la main
Qui peint si bien tout ce que j'aime :
Ma Provence au teint de carmin,
Mes Alpes au blanc diadème.
Ah ! ces tons vrais, ce gai refrain,
Tout les retrace et les répète,
Mais Perrichon et Tartarin
Ont laissé s'enfuir mon poète !
Alors pour le saisir au vol,
Oubliant mon billet pour Cannes,
J'ai poursuivi le rossignol
Au parc Monceau... « sous les platanes ».