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Petite âme si frêle en un corps si fragile,
Pur effluve émané du paradis lointain,
Flamme encore vacillante en ta lampe d'argile,
Et rayonnant déjà sur un double destin !
Petite âme d'enfant qui sommeilles, voilée,
Entre des lueurs d'aube et des limbes d'azur
Et qui pleures encor ta patrie étoilée,
Dans les vagues accents de ton langage obscur ;
Des limpides hauteurs de la route lactée,
Dis-moi, que viens-tu faire en nos chemins fangeux ?
Blanche fleur sidérale ici-bas transplantée,
Pourras-tu refleurir dans notre air orageux ?
L'ange qui t'a cueillie au céleste parterre
T'a-t-il dit qu'ici-bas le printemps n'a qu'un jour ?
Que le lis se flétrit aux vents froids de la terre,
Que tout y meurt : la joie et l’espoir et l'amour ?...
Oui, l'ange à ton oreille a murmuré ces choses,
Dans un chant si plaintif, si doux, si pénétrant,
Que tu l'entends encor la nuit quand tu reposes;
C'est pourquoi tes yeux bleus ne s'ouvrent qu'en pleurant :
Mais quand l'ange en chemin t'abritait sous son aile,
Quand sa voix doucement te berçait en ses bras,
Peut-être as-tu rêvé d'une aile maternelle,
Et tu n'as plus eu peur de nos maux d'ici-bas.