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Le jardin tout entier n'est qu'un bouquet de roses,
L'œil fasciné savoure un festin de couleurs :
Ah ! laisse-toi griser par tous ces philtres roses !
Mon âme, oublie enfin tes vieux soucis moroses,
Et chante avec l'oiseau dans les bosquets en fleurs !
N'as-tu pas, comme lui, sous le pin maritime,
Un doux nid enlacé de liserons grimpants ?
N'entends-tu pas vibrer en ta pensée intime
L'hymne pieux qu'il jette aux échos de la cime,
Sans voir grouiller en bas les insectes rampants ?
Vois : déjà radieuse au sortir de la brune,
La lune a dépouillé son manteau de vapeur ;
Hors du brouillard terrestre, elle en rit sans rancune :
Mon âme, élève-toi, monte comme la lune !
Le monde, vu d'en haut, ne te fera plus peur.