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Les arbres égrenaient leurs derniers fleurons d'ambre.
Les dahlias mouraient en saluant l'hiver,
La brume était au ciel, la neige était dans l'air,
Et le froid jusqu'au cœur montait de chaque membre ;
Mais, faisant sa trouée au rideau de novembre,
Voici qu'un gai rayon brille comme un éclair,
Et voici qu'un bouquet au reflet tendre et clair
D'un souffle printanier vient embaumer la chambre.
Salut, rayons du cœur si beaux d'illusion !
Salut roses de mai, myrte aux couleurs discrètes,
Fleurs du pays doré qu'habitent les poètes,
Vous qui m'avez rendu la fraîche vision
De cette aube enchantée aux candides ivresses
Où l'on apprend la vie au livre des Tendresses.