«
Le soleil s'endormait dans son lit de nuages,
Enveloppant la mer d'un suprême baiser ;
La vague s'endormait sur le sable des plages,
Laissant sa blanche écume au couchant s'embraser ;
Les oiseaux s'endormaient sous leurs toits de feuillages ;
Bruit d'aile et bruit des flots, tout semblait s'apaiser,
Et, sur le tapis d'or que rayaient leurs sillages,
Les voiles, lentement, allaient se reposer.
Et, lentement aussi, dans mon âme lassée,
Je sentais par degrés s'assoupir ma pensée,
Et, comme un enfant dort sur le sein maternel,
Sur ton grand sein placide, immuable nature,
Buvant l'oubli du monde et de la créature,
J'ai compris la douceur d'un repos éternel.