«
Ô mère ! que l'automne est belle cette année !
Que de fleurs dans les champs ! que d'azur dans les cieux
— Enfant, depuis longtemps toute fleur est fanée,
L'azur et le soleil ne brillent qu'en tes yeux —
Mais cet air printanier tout imprégné d'arôme,
N'en respires-tu pas la suave senteur ?
— Non, c'est ton âme enfant qu'une pensée embaume ;
Une rose mystique est éclose en ton cœur —
Eh quoi ! n'entends-tu pas la douce symphonie
Que le rossignol chante aux bosquets d'alentour ? —
Je n'entends, mon enfant, que la joie infinie
Qui vibre dans ta voix au souffle de l'amour. —
Ah ! vienne maintenant Décembre avec ses neiges !
Mon âtre a des rayons qui ne s'éteindront pas,
Mon oiseau dans sa cage a de joyeux solfèges,
Mon beau lis a des fleurs qui parfument mes pas.