«
Quand « la rose a vécu ce que vivent les roses »,
Quelquefois le passant, épris de ses couleurs,
L'emporte dans l'herbier, cet asile où les fleurs
Échappent au destin des hommes et des choses.
Là, sous les feuillets clairs comme des vitres closes,
À l'abri des frimas, à l'abri des chaleurs,
Sur son teint diaphane aux morbides couleurs
Le souvenir revient jeter ses prismes roses.
Quand l'amour a vécu ce que vit tout amour,
Pour sauver de l'oubli sa chimère d'un jour,
Ainsi dans son « herbier » le poète l'embaume,
Comme dans ces jardins, pleins de chants et d'arôme,
Dont le Bosphore bleu vient enlacer les bords,
Unissant dans ses bras « les vivants et les morts ».