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Le vent rugit, la vague pleure,
Le pin se tord échevelé,
Chantant son refrain désolé :
Ciel du Midi tu n'es qu'un leurre !
Mais, narguant les traits des hivers,
La rose, charmante imposture,
Doux mensonge de la nature,
Nous tend ses boutons entrouverts.
Et près d’elle, en fraîches toilettes,
Comme aux soirs brûlants de juillet,
Réséda, giroflée, œillet
Vont balançant leurs cassolettes.
Ô dites-nous, sœurs des beaux jours,
Frêles joyaux qu'un souffle brise,
Sous l'âpre étreinte de la bise,
Qui vous pousse à fleurir toujours ?
Ami, nous sommes les comparses
Qui donnent la vie au décor,
L'étranger, ce grand semeur d'or,
Sous ses pas veut nous voir éparses ;
Nous jetons un voile élégant
Sur les lacunes du programme :
Nous avons appris de la femme
L'art de sourire à l'ouragan.