«
Si j’allais parcourir la région polaire
Par ces beaux jours d'été qui ne finissent pas,
Pour montre je n'aurais que le cadran solaire
Et le temps sous mes yeux arrêterait ses pas ;
Si j'étais née au loin sous le ciel tutélaire,
Où le printemps toujours fait fleurir les lilas,
Sans dresser des saisons l'inutile inventaire.
J'eusse oublié qu'ailleurs la terre a des frimas ;
Si j'avais pour ami l'un de ces cœurs d'élite
Où charme, poésie, esprit, talent, mérite,
Ont au travers des ans su garder leur fraîcheur,
Je ne permettrais pas qu'un acte de naissance
Vînt m'indiquer la page où le livre commence,
Le livre toujours neuf qu'a signé le bonheur.