«
Non, dans ce frais abri, tapissé de verdure,
Je ne crayonne plus de vers gais ou touchants,
Je sens venir l'automne où se taisent les chants,
Et ma pensée en fleur gèle sous sa froidure ;
Triste automne du cœur, plus précoce et plus dure
Que celle qui flétrit les trèfles de nos champs,
Brouillard intense et morne où les pâles couchants
N'offrent plus au regard un seul reflet qui dure !
Pourtant l'été béni dore encor les sillons,
Et sous ses chauds baisers on voit rougir les pêches,
Et les sentiers des bois n'ont pas de feuilles sèches ;
Ô soleil de juillet, dans tes ardents rayons,
N'as-tu donc pas assez de lumière et de flamme
Pour rallumer la lampe éteinte de mon âme ?