«
Le vif-argent court dans tes veines,
L'azur profond luit dans tes yeux;
Le photographe y perd ses peines,
Blond chérubin ? lutin joyeux ?
Les reflets de la cime alpestre
Rayonnent encore sur ton front,
Mais dans ce paradis terrestre
Les roses bien vite y naîtront.
Ton œil bleu sous sa frange noire
Ressemble au lac sous les sapins,
Mais le mistral y met la moire
Dont s'irisent nos flots marins ;
Et tout le gai Midi s'allume
Dans tes regards extasiés
De voir l'hiver qui se costume
Avec la pourpre des rosiers.
Vois, il fait pleuvoir sur ta tête
Les grains de son collier vermeil :
Ô viens assister à la fête
Que la terre donne au soleil !
Viens jeter ta note badine
Dans l'orchestre majestueux
Où la mer accorde en sourdine
Ses grands violons tumultueux.
Comme un oiseau, comme une abeille,
Viens folâtrer parmi les fleurs,
Et dans mes yeux, dans mon oreille,
Mêle ton chant à leurs couleurs ;
Afin que leur duo se fonde
Dans un tableau mélodieux,
Où ton sourire se confonde
Avec le sourire des cieux.